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La co-fondatrice de POP School, Floerette Eymenier, nommée au conseil national du numérique

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C’est une voix enthousiaste qui nous répond au téléphone. La nouvelle est officielle depuis le 29 mai, Florette Eymenier, co-fondatrice de POP School vient d’être nommée au Conseil National du Numérique en tant que représentante du monde économique dans le domaine de l’inclusion numérique. « J’aurai un rôle de conseil et d’orientation. J’ai croisé Mounir Mahjoubi à plusieurs reprises avant ma nomination. Il est venu inaugurer plusieurs projets ici ». Ici, c’est la région Hauts-de-France, de Lille à Valenciennes où sont installées les équipes de POP School. Florette s’y est installée après avoir travaillé dans le Sud de la France et à Paris dans les métiers de l’animation 3D.

Portrait d’une femme entrepreneure engagée dans l’inclusion numérique.

Des scénarii de Marsupilami à la création de POP School, itinéraire d’une entrepreneur dans le numérique.

D’emblée, Florette précise avec humour qu’elle n’est pas « une petite jeune de start up ».

Et pour cause, la co-fondatrice de POP School est plus proche de la retraite que des bancs d’une école de commerce. Son parcours prouve que l’entrepreneuriat n’est pas l’apanage des jeunes.

« L’idée de POP School m’est venue lorsque j’étais directrice d’un établissement de formation privé dans le secteur du numérique. L’année de formation coûtait 8 000 € par an pendant 5 ans. Je recevais des jeunes qui avaient du talent mais pas de moyens, et parfois des jeunes qui avaient les moyens mais pas de talent ! C’était le monde qui marchait sur la tête ! Je me suis alors inspirée de modèles qui fonctionnaient, des bootcamps aux États-Unis qui formaient des développeurs dans les années 2010 et d’autres acteurs sur la région parisienne ».

POP School est donc né d’une volonté de changer les choses en répondant positivement à ces jeunes « décrocheurs » qui avaient l’envie d’apprendre, comme pour « réparer » une société en le rendant plus juste et méritocratique.

« J’ai toujours fait de la formation, notamment dans le dessin animé et dans le motion graphic ». Durant sa carrière, Florette Eymenier a été – entre autres – directrice de production, et scénariste des dessins animés Marsupilami et Léo et Popi dans les années 90. « Je me suis formée à l’INA et aux Gobelins dans le cinéma d’animation. J’ai travaillé pour des séries TV et au sein de studios d’animation. C’était l’arrivée de la 3D en France, j’ai alors travaillé avec des concepteurs sur les premiers outils d’animation 3D. »

C’est la 3D qui l’a amenée à se passionner pour les métiers du numérique. Elle a mis un an à monter le projet de POP School, entre 2014 et 2015.

Septembre 2015, première rentrée de POP School

Aux côtés de Florette Eymenier, Emmanuel Vandamme, co-fondateur de l’association ANIS et journaliste diplômé de l’ESJ de Lille, s’est lancé dans l’aventure de l’entrepreneuriat à impact.

En septembre 2015, la première promotion est lancée. Toutes les formations sont gratuites pour les participants. « Pour faire du gratuit, on travaille sur le durable. On multiplie les financements : des fonds européens, des subventions de collectivités et des partenariats avec de grands groupes qui ont des besoins en recrutement dans les métiers du numérique. Nous répondons donc à un besoin du marché de l’emploi en formant des développeurs, des codeurs et des spécialistes de la cyber-sécurité et des objets connectés. » Ces jeunes, POP School ne fait pas que les former. L’équipe POP School les accompagne jusqu’à leur insertion professionnelle, à la différence d’autres écoles. « On leur propose un accompagnement professionnel et social » ajoute l’entrepreneure engagée.

La stratégie des co-fondateurs a été de s’implanter sur les territoires éloignés car « c’est eux qui en ont le plus besoin ». « Valenciennes est la première ville à nous avoir fait confiance. Nous continuons à travailler avec les collectivités locales de ce territoire à l’heure actuelle » précise Florette, reconnaissante.

POP School c’est une entreprise à fort impact qui compte aujourd’hui 12 salariés (avec 3 embauches supplémentaires en cours pour l’automne !).

En 3 ans, POP School a formé 200 jeunes. 70% ont signé un CDD ou un CDI ou on fait le choix de reprendre leurs études. Il y a aussi eu 4 créations d’entreprises toujours en activité par 10 des personnes formées par POP School.

Ce qui anime cette entrepreneure à fort impact social

A la question « as-tu un role model ? », Florette nous répond qu’elle ne « marche pas trop comme ça. ». « Je suis de nature très curieuse et je suis passionnée par l’innovation. » POP School développe actuellement une offre en réponse à une demande d’un agriculteur qui souhaiterait avoir des ruches connectées. « En tant qu’acteur émergent du numérique, nous montons actuellement une formation dans l’agriculture connectée, AgriloT. Un secteur sur lequel nous voulons aller. Ce genre de projet me passionne car il mêle objet connecté, innovation et agriculture durable ! On crée de nouveaux référentiels en tant qu’entreprise du numérique à fort impact social. Domitille Gobbo est la directrice pédagogique, elle fait un travail formidable en créant les contenus pédagogiques et innovants. »

Pas d’échecs, mais « des erreurs » pour cette entrepreneure. « On travaille dans la confiance mais il nous est arrivé de nous faire berner par des partenaires. On met beaucoup d’enthousiasme dans chacun de nos projets, nous n’étions pas toujours vigilants. Nous avons donc ajouté des clauses et conditions juridiques dans nos contrats, ce qui nous permet aujourd’hui de travailler plus sereinement. »

Ce qu’elle a apprécié dans le programme Scale Up  

En juillet 2017, POP School est sélectionné pour intégrer la promotion 2017-2018 du programme Scale Up. Ce dernier, porté par Antropia ESSEC, a été co-fondé en 2010 par l’ESSEC Business School et les Fondations Edmond de Rothschild. Grâce à ce programme d’accompagnement complet destiné aux entreprises à fort impact social ou environnemental en phase de changement d’échelle, l’équipe dirigeante de POP School a pu suivre des séminaires de formation et en tirer des enseignements bénéfiques notamment sur la levée de fonds et la mesure d’impact social (lire le Manuel pour maximiser l’impact des entreprises sociales, co-écrit par Kévin André et Anne-Claire Pache, Professeurs à l’ESSEC, et Clémentine Gheerbrant).

Florette y a particulièrement apprécié :

  • « L’équipe ! L’équipe du Programme était très dévouée. Nous n’étions pas lâchés dans la nature, ce qui était une très bonne chose ! »
  • « L’apport en compétences, de la mesure d’impact social au modèle économique  »
  • «L’accompagnement sur la levée de fonds qui n’est pas à prendre à la légère. Notre mentor stratégique et financier de la Banque Edmond de Rothschild, Pascale Lejade, a été superbe ! Elle nous a beaucoup aidés sur la levée de fonds et on tient à la remercier pour son aide, son écoute et son investissement ! »

Ses 3 conseils pour réussir dans l’entrepreneuriat à impact :  

  1. « Il faut une bonne dose d’inconscience et de l’enthousiasme pour se lancer ! »
  2. « De la rigueur »
  3. « Et surtout bien s’entourer ! »

« L’entrepreneuriat est une belle aventure dans laquelle je ne peux que vous conseiller de vous lancer ! C’est difficile de toujours garder le cap, garder son ADN mais c’est un truc à faire dans sa vie. Même si on hésite, même si on a peur… surtout si on a peur !  

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Par Neslian Ozveren, pour Antropia ESSEC.

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